Rock Fever

18 mai 2012

"Band On The Run" - Paul McCartney & The Wings

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 Voici un disque très très important pour moi. Je n'exagère pas. Vous connaissez tous le principe de l'île déserte, cette question à la con, à laquelle peu de personnes peuvent réellement et sincèrement répondre : quel disque embarqueriez-vous avec vous sur une île déserte ?, à supposer qu'il y ait évidemment l'électricité sur cette île... Hé bien, sachez que Band On The Run, troisième album de Paul McCartney & The Wings, s'il ne serait pas LE disque que j'embarquerais, serait en tout cas LE disque de Paul McCartney que j'embarquerais. J'aurais à hésiter avec Ram (1971) et Chaos And Creation In The Backyard (2005), qui sont les deux meilleurs albums solo de l'ex Beatles, mais au final, Band On The Run gagnerait sans aucun doute. Vous dire si je l'adore et si je le trouve fantastique, ce disque ! Band On The Run est un disque tout simplement parfait de chez parfait. 41 minutes (plus aux USA, car il y à un titre supplémentaire) éblouissantes. C'est bien simple, McCartney, ici, est à son sommet, son zénith absolu, non pas que ses précédents albums (McCartney en 1970, Ram, et les deux  premiers des Wings : Wild Life et Red Rose Speedway) ne soient pas bons, oh que non, mais... mais, là, c'est tout simplement du grand art. Du Grand Art, même, en majuscules. Et sous une pochette assez mythique, ce qui ne gâche rien.

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Verso de pochette

Aaah, cette pochette... Prenez un mur de briques classique. Foutez-le dans le noir, avec un gros projecteur pour l'éclairer au centre, et foutez, ensuite, neuf personnages en tenue de taulards, pris en flagrant délit d'évasion (le titre signifie 'groupe en cavale'). On distingue, sur cette pochette, non seulement les Wings (à l'époque au nombre de trois : Macca, sa femme Linda et Denny Laine, les deux autres, McCullogh et Seiwell, ayant temporairement quitté le groupe pour divergences financières), mais aussi des célébrités britanniques (ou américaines) de l'époque : Christopher Lee, James Coburn, Clement Freud (le barbu, de la famille du fameux psychanalyste, et critique gastronomique et futur politicien), un boxeur, un autre acteur... Au dos, on a trois photos des membres, avec divers objets, sur une table : passeports, notes, tasse de thé, cigare, tampon, stylos, feuilles de papier, cendrier rempli, cuillère, sous-main, règle... A l'intérieur, sur la sous-pochette, on a d'un côté les paroles des chansons, et de l'autre, une photo des trois Wings, avec une ribambelle de petits enfants noirs, en noir & blanc. Photo prise sur les lieux de l'enregistrement de l'album. Band On The Run a ceci de particulier, justement, d'avoir été enregistré non pas au Royaume-Uni, non pas aux USA, ou en Europe, mais...au Nigeria, à Lagos ! Le titre de l'album est un double sens entre la photo de pochette et le fait que le groupe s'envole loin pour accoucher les 10 titres (9 sur la version britannique) de l'album. A noter que le fait que le groupe enregistre au Nigeria ne sera pas sans conséquences : politiques et sociales. Sociales : le groupe se fera agresser au couteau à leur arrivée, ils se feront voler des cartnets de notes ; et Macca, aussi, sera victime d'un malaise consécutif à une trop grosse consommation de clopes et au changement climatique radical entre la perfide Albion et Lagos, frôlant l'apoplexie, à la grande terreur de Linda et de leurs proches, il a apparemment failli calancher ! Politiques : on accusera le groupe de vouloir profiter de la situation au Nigeria (pas glorieuse) et de 'voler' la musique locale, la réutiliser pour leur album. Fela Kuti, fameux ambassadeur de la musique africaine, s'en prendra vertement à Macca, qui lui fera écouter les bandes  afin de lui prouver que, non, les Wings ne faisaient pas un disque de world music opportuniste (rien, en effet, sur l'album, n'est africain, musicalement parlant ; ce disque pourrait aussi bien avoir été enregistré à Abbey Road !).

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Photo de la pochette intérieure

 Sinon, ben, voilà : disque majeur. Désormais à trois membres (Seiwell et McCullogh reviendront, si je me souviens bien), les Ailes livrent leur magnum opus. Paul est au chant, à la basse, guitare et batterie (claviers aussi), Linda aux claviers et choeurs, et Denny Laine à la guitare. Band On The Run accumule les classiques comme un délinquant accumule les conneries : Band On The Run, Jet, Bluebird, Mrs. Vandebilt, Mamounia, Picasso's Last Words (Drink To Me), Nineteen Hundred And Eighty-Five, il faudrait tout citer et c'est quasiment ce que j'ai fait ! Oui, ce disque est géant, tellement géant que j'en ai du mal à en parler. Comment ne pas citer la magistrale chanson-titre, avec ses changements de rythmes, son refrain grandiose et pourtant simpliste (Baaaaaand on the ruuuuun, baaaaand on the ruuuuuun), sa section de synthés ? Tout, sur ce disque, arrive à la cheville du meilleur de Macca au sein des Bitteuls. Tout. La beauté de Bluebird (allusion à Blackbird ?) et de Mamounia, le très rock (et pastiche lennonien probable, vu la manière de chanter et le style de la chanson) Let Me Roll It et son riff mortel...Jet, classique absolu, au même titre que le sautillant Mrs. Vandebilt, avec son refrain con et bon (Ho ! Hey Ho !!), chanson qui, comme Leslie Barsonsec l'a dit dernièrement ici lorsque je l'ai proposée en clip, est souvent critiquée par des cons qui ne voient en elle qu'une chanson débile au refrain assez 'sept nains quittant la mine de diamants' (faut dire qu'au premier abord, c'est limite !), alors qu'elle est un triomphe pop, ni plus ni moins. Et que dire de Picasso's Last Words (Drink To Me), qui réutilise un petit peu de Jet et Mrs. Vandebilt à un moment donné, ainsi qu'un peu de français (un sample de je ne sais quoi) dans son bridge ? No Words, le morceau le moins époustouflant ce qui ne l'empêche pas d'être sublime, est une autre réussite. Et, enfin, comment ne pas citer Nineteen Hundred And Eighty Five (1985 pour les ceusses qui ne veulent pas se faire chier la bite à l'écrire en lettres), chanson grandiose, le sommet de l'album, oui, juuuuuste devant Band On The Run et Mrs. Vandebilt, mais sommet de l'album. Un piano entêtant tout du long. Divin...Divin...Divin... Divin...Divin...Divin, quoi. Divin.

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Pendant longtemps, ce disque fut difficile à trouver en CD : il a été réédité, avec les autres Wings et Macca solo, dans la The Paul McCartney Collection, en CD (pochettes blanches reprenant le visuel des albums en bas à droite, très moche, mais la pochette originale recto/verso est à chaque fois sur la double page suivante du livret, on peut donc virer la première couverture si on le souhaite), au début des années 90, mais par la suite, n'a pas été facilement réédité. Enfin, depuis quelques mois, il a été réédité en remastérisé, au même titre que les albums solo de Paul (McCartney, Ram, McCartney II...), mais c'est, je crois, le seul des Wings correctement réédité en CD à l'heure actuelle ! D'autres albums des Wings ne sont pas disponibles, je pense notamment à Red Rose Speedway et au triple live Wings Over America, impossibles à trouver en CD, soit en général, soit à prix correct. J'espère sincèrement qu'ils seront réédités en CD au même titre que Band On The Run vient de l'être ! Et pour en finir avec Band On The Run, c'est, donc, un chef d'oeuvre absolu, total, de la pop/rock enthousiasmante au possible, une série de chansons mémorables, dont certaines sont de vrais classiques (Jet, la chanson-titre). J'ai limite envie de dire que s'il ne vous fallait qu'un seul disque post-Beatles de McCartney, c'est celui-là. Mais ça serait vite oublier Ram, Chaos And Creation In The Backyard, McCartney et, chez les Wings, Red Rose Speedway et (bien qu'il soit un peu moins fort) Venus And Mars. Mais si tous ces disques sont fabuleux, clairement, mon préféré reste Band On The Run, et il est à mes yeux le meilleur, à égalité avec Ram (Macca solo), que je réaborderai ici assez rapidement, je crois !

FACE A

Band On The Run

Jet

Bluebird

Mrs. Vandebilt

Let Me Roll It

FACE B

Mamunia

No Words

Helen Wheels

Picasso's Last Words (Drink To Me)

Nineteen Hundred And Eighty-Five

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"Rouge" - Fredericks/Goldman/Jones

La magnifique chanson-titre de l'album Rouge (1993) de F/G/J, avec les Choeurs de l'Armée Rouge et un riff de guitare ayant été, il me semble, réutilisé pour une émission de TV (Taratata, si je ne m'abuse) !

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"I Walk The Line"- Johnny Cash

Immense chanson (et un tube !) de Johnny Cash.

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"She's A River" - Simple Minds

Excellente chanson des Simple Minds issue du méconnu et remarquable Good News From The Next World (1995) !

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"Parachute" - The Pretty Things

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Ce disque a été qualifié de meilleur du mois par le magazine Rolling Stone, aux USA, au moment de sa sortie. Et d'un des disques de l'année. Pourtant, il ne fut pas un succès, contrairement à pas mal des autres albums ayant eu l'insigne honneur d'être catalogués 'meilleur album du mois' ou 'un des disques de l'année'. Ce disque, c'est Parachute, le meilleur album d'un groupe anglais aujourd'hui un peu oublié, et qui n'a d'ailleurs jamais réellement eu de succès : The Pretty Things. Le groupe a été crée dans les années 60 par un ancien guitariste des Stones (Dick Taylor, qui était au tout début des Stones, avant le premier album du groupe), et qui, au moment de Parachute, n'est plus là, depuis peu de temps. Le chanteur du groupe, c'est Phil May, et sa magnifique voix tour à tour fragile (dans les moments calmes) et agressive (dans les chansons musclées, Parachute en possède). Victor Unitt à la guitare, Skip Allan à la batterie, Wally Waller à la basse, Vic Povey aux claviers. Parachute fait suite à S.F. Sorrow, disque de 1968 assez cultissime (considéré comme le premier opéra-rock de l'histoire, un an avant Tommy des Who), considéré comme le Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Jolies Choses. Mais si S.F. Sorrow est le Sgt. Pepper's... des Pretty Things, alors Parachute est leur Abbey Road. Tant dans le style musical, avec plein de courtes chansons sur une face et des titres plus longs sur l'autre, que pour le contexte de l'enregistrement : difficile, par un groupe en crise, quasiment en split annonçé. Et comme les Beatles avec Abbey Road, les Pretties ont réussi, avec Parachute, un disque majestueux en mettant de côté leurs soucis pour tout donner à leurs fans.

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Intérieur de pochette. De gauche à droite : Unitt, Allan, Povey, May, Waller

Pourtant, chose étrange, Phil May, charismatique et emblématique chanteur, ne chante que dès le cinquième titre, The Letter. Les quatre précédents morceaux ne sont cependant pas instrumentaux, on a du chant, mais il est signé Waller ou Povey. Le chanteur délègue, il laisse le chant à ses sbires, ne daignant enfin apparaître, vocalement, qu'une fois le disque bien lancé (en même temps, les cinq premiers titres n'atteignent pas 2 minutes chacun, et on a un autre titre de moins de 2 minutes sur la face B) ! Comme s'il se désintéressait de Parachute... Pourtant, ce n'est pas le cas. Dès que May chante, c'est Byzance. Et il offre de grands moments, ici, calmes (The Letter, What's The Use, Grass, Parachute chanté en harmonies à la Crosby, Stills & Nash) ou énergiques (Sickle Clowns qui parle du final du film Easy Rider, Cries From The Midnight Circus, le sautillant She's A Lover, Miss Fay Regrets). Sur les 13 titres de l'album (pour 40 minutes !), 7 sont interprétés par May, et 2 offrent sa voix en harmonies avec le groupe (l'autre est Rain, chantée par Waller). On ne peut donc pas dire que May se désintéressait de l'album. Les Pretties voulaient sans doute tenter quelque chose de différent pour ouvrir le disque. Tentative réussie. Les premiers titres, courts, sont donc interprétés par Waller et/ou Povey, seuls ou en harmonies. Scene One, avec sa ruade de batterie furax et son ambiance 007, est une ouverture efficace qui parle des cités pleines de béton, sans âme. 1,50 minute en tout. On a ensuite un diptyque durant en tout, 3 minutes, en deux morceaux de respectivement 1,25 et 1,35 minute : The Good Mister Square et She Was Tall, She Was High. Couplé (il n'y à d'ailleurs pas d'interruption entre les deux parties), ce morceau sortira en single. On y retrouve des harmonies vocales à la Beatles période Because (Abbey Road, tiens !), à la Crosby, Stills & Nash aussi. Purement enchanteur.

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Pochette extérieure dépliée

Après ce diptyque...un triptyque ! In The Square/The Letter/Rain, 6 minutes en tout (1,55, 1,40 et 2,30 minutes respectivement). La première partie est sous influence Crosby, Stills & Nash, impossible de ne pas penser à ces Guinnevere, Suite : Judy Blue Eyes, Carry On ou Teach Your Children en l'écoutant. Les fans de Radiohead seront surpris d'entendre, sur In The Square, des arpèges de guitare qui ressemblent fortement à ceux du Paranoid Android de la bande à Thom (le passage What's thaaaaaat de Paranoid Android). Apparemment, les Radiohead auraient entendu les Pretty Things de Parachute en 1996/1997 au moment de faire O.K. Computer. Ou pas. En tout cas, la ressemblance m'a toujours frappé. Une chanson acoustique et magnifique, qui enchaîne sur The Letter et Phil May, donc. Magnifique. Doux comme une pluie d'été, et justement, en parlant de pluie... Rain, plus rock, suit et achève la trilogie de morceaux, avec un chant énergique de Wally et un final en harmonies à a CS&N, à la one again. Puis, finita la commedia, l'album passe à des morceaux plus étendus, classiques dans leurs durées. Miss Fay Regrets parle d'une actrice sur le retour, vieille, aigrie, fortunée mais esseulée, veuve et/ou divorcée plusieurs fois (coucou Elizabeth Taylor ? Coucou Zsa-Zsa Gabor ?), et qui revient sur sa vie dissolue. Très rock et efficace. Pas le meilleur morceau de l'album, mais quelle ligne de basse ! Enfin, Cries From The Midnight Circus, 6,35 minutes, achève la face A, qui offre donc 8 titres, avec puissance. Un morceau bluesy, avec une basse fantasbuleuse, un Phil May en forme. Le morceau parle de la vie nocturne dans une grande ville, une sorte de Walk On The Wild Side britannique et avec deux ans d'avance sur Lou. Putes, dealers, camés, voyous, paumés...tout y passe. Fantastique.

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Les Pretty Things, période pré-Parachute

La face B s'ouvrait sur une chanson bucolique, campagnarde, Grass, le morceau préféré (sur l'album ou en général chez les Pretties) de May. Une chanson qui, comme la précédente, décrit bien Parachute, d'ailleurs : un disque à la fois folk/rock et purement rock, abordant aussi bien la vie citadine et moderne que le retour à la campagne. Grass parle de tout sauf de la vie trépidante des mégalopoles, contrairement à Cries From The Midnight Circus ou Scene One. Musicalement, on est en plein rêve, c'est d'une beauté absolue, totale, et la douceur du chant de Phil May en rajoute. Sickle Clowns, elle, 6,45 minutes, est la chanson la plus violente de l'album, un déluge de feu qui parle de la fin d'Easy Rider (With rapid shots they're blurred), les deux motards (SPOILERS : si vous n'avez pas vu Easy Rider, sautez le texte jusquà ce que vous lisiez She's A Lover à nouveau) se faisant buter à coup de fusil, sur la route, par des bouseux stupides et réactionnaires ayant eu envie de se faire deux hippies. Une chanson bien furax et géante. On passe à She's A Lover (re-bonjour, vous qui n'avez pas vu Easy Rider), une petite douceur pop/rock, guitares en fusion mais chant très calme, une chansonnette d'amour bien pépère malgré les guitares. Tout comme Miss Fay Regrets, ce n'est pas le sommet de l'album, mais Parachute n'a rien de médiocre dessus, et c'est vraiment du bon. What's The Use, chanson en harmonies, acoustique, courte (1,45 minute), est un pur régal et probablement ma chanson préférée sur l'album ; oui, je vous assure ; un régal doux-amer sur la fin des idéaux hippies, retour à la dure réalité. C'est juste bouleversant. Bien trop court, aussi, on n'aurait pas chié sur une minute de plus, je peux vous assurer. Enfin, Parachute, morceau en harmonies, d'une beauté fulgurante, se finissant un peu à la Alan's Psychedelic Breakfast du Floyd (fin de la dernière partie), groupe qui était d'ailleurs sur le même label Harvest et qui avait aussi Norman Smith comme producteur pendant un temps. Le final de Parachute fait entendre un son très grave qui monte de plus en plus haut dans les aigus, jusqu'à devenir littéralement inaudible, c'est très original ! Et ça achève à la perfection un disque tout simplement tuant, un des chefs d'oeuvre absolus de l'histoire du rock. C'est vraiment dommage que Parachute ne soit pas un succès commercial, et soit si peu connu, car il mérite vraiment la découverte. On regrettera juste une chose, au final, sur ce disque, un détail que je n'avais pas encore abordé dans la chronique, mais comment ne pas en parler en même temps ? : la pochette est vraiment foirée et bizarre (mais elle symbolise quand même bien l'album, à la fois campagnard - la tulipe - et moderne - le building) ! Elle n'a pas du aider la vente, c'est clair... C'est le seul défaut de l'album. Bref, c'est pas grave !

FACE A

Scene One

The Good Mister Square

The Was Tall, She Was High

In The Square

The Letter

Rain

Miss Fay Regrets

Cries From The Midnight Circus

FACE B

Grass

Sickle Clowns

She's A Lover

What's The Use

Parachute

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"Ian Curtis, l'âme de Joy Division"

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32 ans. Cela fait 32 ans que Ian Curtis a été retrouvé pendu dans sa cuisine par sa femme, alors qu'il était sur le point de partir en tournée aux États-Unis. À seulement 23 ans, il laisse avec son groupe Joy Divsion, Deux albums, Unknown Pleasures et Closer, et une poignée de singles.

images-2Ian Curtis en transe sur scène

Joy Division s'est formé en 1976, les quatres membres se sont rencontrés à un concert des Sex Pistols, et en voyant le spectacle qui s'offrent à eux, décident de fonder un groupe de punk-rock. À l'époque, Ian Curtis a tout juste 20 ans et vient de se marier avec sa compagne Deborah Curtis. Il intègre le groupe comme chanteur et propose un premier nom, Warsaw, en hommage à la chanson Warsawa de David Bowie dont il est fan. Au début le groupe n'est qu'un simple groupe de punk- rock parmi tant d'autres et il semblait voué à rester dans l'anonymat le plus total. Mais deux rencontres vont influencer sur le destin du groupe: tout d'abord Martin Hannett, célèbre ingénieur du son qui va donner l'atmosphère que l'on connaît aux morceaux du groupe, et Tony Wilson, animateur radio connu pour avoir créé le label Factory Records. À partir de là le groupe va enfin pouvoir commencer à enregistrer des albums. Le premier, Unknown Pleasures, sort en 1979. Beaucoup de choses ont changé depuis la création du groupe : tout d'abord la vague punk commence sérieusement à s'essoufler, laissant place au post-punk. Ensuite, Ian Curtis est désormais épileptique et le traitement qu'il prend possède des effets secondaires dangereux. L'album est sombre, dépressif, mais reste encore très rock. Début 1980, le groupe commence à enregistrer son deuxième album, Closer. Encore plus sombre que le premier album, Closer montre un Ian Curtis encore plus triste, encore plus bouleversant. Son traitement contre l'épilepsie le plonge dans une dépression chronique, et comme si ça ne suffisait pas son mariage bat de l'aile depuis qu'il a rencontré Annick Honoré. Cela lui inspirera le single cultissime, Love Will Tear Us Apart, chanson sur le désamour qui sera le seul et unique tube du groupe. Ian Curtis essaiera tant bien que mal de se sortir de cette situation mais la fatigue dût aux concerts de plus en plus nombreux, et aux crises de plus en plus régulières l'amèneront à faire une première tentative de suicide. Il réussira à s'en sortir mais sa situation ne s'améliore pas pour autant: pire elle s'aggrave. Le 2 mai 1980, Joy Division donne son ultime concert, durant lequel ils interpréteront notamment Ceremony, une des dernières chansons écrite par Ian Curtis. Le groupe doit partir faire une tournée aux États-Unis mais malheureusement le matin du 18 mai 1980, Ian Curtis se donne la mort par pendaison. Il avait 23 ans.

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Rares sont les personnalités dans le rock qui vivaient pleinement leur musique et étaient littéralement en transe sur scène. Au hasard on citera Jim Morrison, Janis Joplin ou encore Jacques Brel (même si c'est pas du rock). Ian Curtis faisait partie de ces gens-là, à la différence qu'il ressemble plus à une antistar qu'à un symbole. Et pourtant aujourd'hui après plus de trente ans, sa légende semble ne plus pouvoir cesser de grandir, comme en témoigne notamment le film Control qui retrace sa vie, de sa rencontre avec Deborah jusqu'à ce triste jour du 18 mai 1980.  Sa voix caverneuse, ses textes forts et poétiques dans lesquels il exprimait son mal-être résonnent encore dans le coeur de millions de personnes.

Et maintenant mes 10 titres préférés du groupe :

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17 mai 2012

"Jet" - Paul McCartney & The Wings

Autre immense chanson des Wings issue du même album de 1973 que le clip abordé tout à l'heure : Jet !

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"Happiness Is Easy" - Talk Talk

Une des nombreuses (tout l'album) splendeurs de The Colour Of Spring de Talk Talk !

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"Mrs. Vandebilt" - Paul McCartney & The Wings

Excellente chanson de Macca et ses Ailes, issue de leur chef d'oeuvre Band On The Run de 1973 (que je vais réaborder very soon) : Mrs. Vandebilt !

Ho ! Hey Ho !!

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"Nebraska" - Bruce Springsteen

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Chez Columbia/CBS, maison de disques de Bruce Springsteen, ce disque sera surnommé, avant sa sortie, l'album du suicide commercial. Et il faut dire qu'il y avait de quoi, même si l'album sera un succès et que CBS, au final, sera plutôt content de l'avoir sorti. Ce disque, sorti en 1982 sous une très austère pochette noire et rouge (gros lettrage), c'est le sixième album de Bruce Springsteen, et il l'a enregistré tout seul, chez lui, avec une guitare acoustique, un harmonica, sa gueule et un tape-recorder basique. L'album s'appelle Nebraska. Amateurs de gros son rock, passez votre chemin, Nebraska, sans doute le meilleur album de Springsteen avec Darkness On The Edge Of Town de 1978 (je les met à égalité), est entièrement acoustique, lo-fi, et triste à en couiner comme un chiot affamé lorgnant une écuelle de Woufwouf se trouvant de l'autre côté du fleuve. Springsteen sortait alors du mémorable double album The River (1980, gros succès, bien rock), et deux ans plus tard, sortira un Born In The U.S.A. très rock et musclé, au succès prodigieux. Coincé entre ces deux monstre sacrés, Nebraska semble vraiment à part. Springsteen mettra 13 ans (1995) avant de refaire un disque similaire, le très bon The Ghost Of Tom Joad. Ce disque (Nebraska, hein), c'est 40 minutes de douleur, de noirceur, de tristesse, de sobriété, aussi.

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On notera que l'agencement des deux faces est assez bizarre : pourquoi avoir collé 6 titres (sur les 10) sur la face A et seulement 4 sur la B, en sachant que la face B ne dure qu'un petit quartd'heure part rapport aux 25 minutes de la A ? En répartissant mieux (5 titres par face), on aurait eu une face de 22 minutes et une de 18, ce qui, on en conviendra, est mieux équilibré. A moins que ça ne s'explique par le fait que Born In The U.S.A., la fameuse chanson qui sera un hit pop/rock monstrueux deux ans plus tard, était à la base prévue pour être sur Nebraska, en mode acoustique (le E-Street Band, qui ne joue pas sur Nebraska, convaincra le Boss de la mettre de côté pour plus tard), et sans doute avait-elle été placée sur la face B et retirée au dernier moment, avant la conception de la pochette (qui est dingue de sobriété). Ou bien ça n'a rien à voir et c'est juste un plantage, ou bien c'est pour faire parler le ClashDo (dans ce cas, c'est réussi)... Toujours est-il que ce mauvais équilibre entre les faces est un peu con, mais musicalement, on s'en fout. Et puis il faut dire aussi que finir la face A sur State Trooper et son ambiance suicidaire (dans les deux sens du terme : le morceau est sous influence Suicide, et il n'est vraiment pas guilleret mis à part ça), c'est mieux que de commencer la face B avec State Trooper et son ambiance suicidaire (dans les deux sens du terme : le morceau est sous influence Suicide, et il n'est vraiment pas guilleret mis à part ça ; heu, je ne me répête pas, là ?) !

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Poster promotionnel pour l'album

Un morceau bien cintré que ce State Trooper, avec les cris impromptus du Boss, dans le final, du pur Suicide (la première fois que j'ai écouté ça, j'ai sursauté ; les autres fois aussi, mais à degré moindre), une chanson qui parle d'un homme roulant à vive allure sur l'autoroute du New Jersey, une nuit pluvieuse, dans la crainte de se faire arrêter par un policier de l'Etat. On apprend qu'il n'a pas de permis de conduire, pas de papiers, rien, et qu'il est, en revanche, conscient des choses qu'il a fait (qu'a-t-il fait, on ne le saura pas). Cette chanson assez pesante trouve son répondant deux chansons plus loin avec Open All Night (matez les paroles, on a des lignes qui reviennent), laquelle est aussi enlevée que State Trooper (ma préférée de l'album, je pense) est lente et hypnotique (la guitare acoustique ressemble aux claviers pourris de Suicide). L'album parle souvent de crimes, de tueurs, de violence : Johnny 99 parle d'un homme qui, un soir, pète un plomb et tue un mec avec son fusil, et il est condamné à 99 ans de prison, une bonne manière (mais il y en à d'autres décrites dans la chanson) de le surnommer Johnny 99 ; le long (5,40 minutes, morceau le plus long de l'album) Highway Patrolman parle d'un flic de la route dont le frangin Frankie est, selon lui, un mauvais garçon, un délinquant récidiviste, un voyou qui, un jour, fera une grosse connerie. Mais le mec aime son frère, hé, normal, c'est son frère après tout. A la fin, on apprend que Frankie a commis l'irréparable. Le flic le poursuit sur la route jusqu'à un panneau annonçant la frontière avec le Canada à 5 miles. Le flic fait demi-tour, laissant son frangin franchir la frontière, coupable d'un crime, en cavale, mais il n'a pas le coeur d'arrêter son frère. Moralité : les liens du sang... Enfin, Nebraska parle d'un fait divers abordé au cinéma dans Badlands de Terrence Malick : la cavale meurtrière, dans les années 50, du jeune Charles Stark-Weather qui, au Nebraska, a tué une dizaine de personne sur la route, il avait embarqué avec lui sa copine, une adolescente pas vraiment consciente de la situation. Stark-Weather a été électrocuté.

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Verso de pochette vinyle et CD

Le reste de l'album est plus calme. Pas joyeux (même si Reason To Believe et Used Cars semblent moins sombres que le reste), maison n'y parle pas de tueur en cavale, de flic de la route et d'un conducteur paumé... Atlantic City est une chanson mémorable sur les paumés et ce Las Vegas de la Côte Est (choeurs sublimes du Boss dans les refrains), une chanson qui sortira en single si je ne m'abuse (et je ne pense pas m'abuser), Mansion On The Hill et My Father's House sont poignantes (surtout la seconde, dontle final est vraiment triste : le mec se rend dans la maison de son père, il ne l'a pas vu depuis des années et veut renouer le contact, mais son père n'habite plus là...), Used Cars, courte (3 minutes), est assez sympathique et mélancolique, Reason To Believe est une petite note d'espoir en final d'album... Dans l'ensemble, la face B est moins sombre, moins dépressive (malgré My Father's House) et, aussi, moins grandiose (malgré la même chanson que je viens de citer). Ce petit quart d'heure est moins fort que les 25 minutes de la face A, il faut dire aussi que la face A offre Nebraska, Atlantic City, Mansion On The Hill, Johnny 99, Highway Patrolman et State Trooper. Enfin bon, dans l'ensemble, cette face B est tout de même excellente, et Nebraska, dans l'ensemble, est un grand cru du Boss, un de ses tous meilleurs albums, et même son meilleur à égalité avec Darkness On The Edge Of Town de 1978 comme je l'ai dit en intro d'article. Un disque sombre, triste, dépressif, pas vraiment commercial, mais qui sera cependant un beau succès critique et public. Pas aussi cartonneur que l'album suivant (Born In The U.S.A., en même temps), mais une vraie bonne surprise montrant que Springsteen savait aussi se faire acoustique et sobre, lui qui, sur ses précédents albums, envoyait pas mal, niveau gros rock ! Bref, un chef d'oeuvre !

FACE A

Nebraska

Atlantic City

Mansion On The Hill

Johnny 99

Highway Patrolman

State Trooper

FACE B

Used Cars

Open All Night

My Father's House

Reason To Believe

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